Au gré des avaries et des escales techniques…
Catégorie la plus hétéroclite de la flotte, la classe FICO a ressemblé quatre monocoques de 55 à 60 pieds au potentiel très divers. Faute de combattants, la régate n'a pas connu la même intensité que du côté des Class 40 et des multicoques 50 pieds. Pour autant, difficile de ne pas souligner dans quelle mesure les équipages engagés ont su faire preuve de persévérance face à l'adversité et de l'océan et aux pièges du parcours…
Tous - du premier, An Ocean of Smiles, skippé par le Belge Christophe Bullens au dernier, Saint Malo Team de Denis Douillez, qui ferme la flotte après une longue escale à Matane, en Gaspésie, pour réparer son rail de grand voile - ont connu leur lot de soucis techniques.
Honneurs belges
Vainqueur, le 60 pieds An Ocean of Smiles est venu à bout d'une traversée malgré des problèmes persistants d'électronique et des voiles endommagées. Il a coupé la ligne d'arrivée à 19h52'34'' le lundi 4 août. Son temps de course de 15j02h22'34'' le crédite d'une moyenne de 7,88 nœuds. Notons que ce résultat et cette victoire viennent récompenser une course effectuée sans escale technique. Les honneurs belges de cette 7è Transat Québec-Saint Malo se mesurent en effet à la lumière des difficultés qu'il a fallu surmonter et des nombreux pièges qui n'ont pas épargné la flotte des FICO des eaux du fleuves Saint-Laurent aux remparts de la cité corsaire.
Dans le tableau arrière d'An Ocean of Smiles, tous les équipages ont connu des fortunes de mer qui ont malheureusement privé la course du sel de la compétition. Favori désigné au regard de son potentiel, le coursier océanique IMOCA, Cervin ENR - contraint de se dérouter vers Port aux Basques à Terre-Neuve pour réparer son pallier de safran bâbord arraché dans une collision avec une baleine - n'a jamais pu profiter d'une météo favorable pour se refaire une santé et remonter sur le leader. Yannick Bestaven et son équipage, qui n'ont pourtant pas manqué de dextérité et de savoir-faire pour réparer en un temps record la pièce endommagée, n'ont donc pas pu jouer, à bord de leur monocoque taillé pour débouler dans des surfs au portant, avec les multicoques de 50 pieds. Cervin ENR se classe néanmoins deuxième et affiche moins de 24 heures de retard sur An Ocean of Smiles.
Trois concurrents et un podium à deux
Plus loin en arrière, Port de Québec, skippé par Georges Leblanc fait lui aussi les frais d'une fortune de mer : une collision avec un OFNI à 150 milles dans l'Est de bancs de Terre-Neuve. On connaît la suite : Port de Québec, victime d'une voie d'eau au niveau de l'étrave, s'est retiré de la course. Alors 3è, il rebroussé chemin pour raison de sécurité. Suite à cet abandon, ils ne sont donc plus que trois concurrents pour jouer le podium d'autant plus aléatoire que Saint Malo Team de Denis Douillez progresse très en arrière où il ferme la marche de la course. Au début du parcours, le skipper malouin s'est en effet arrêté plusieurs jours à Matane pour réparer la partie haute de son rail de grand voile. Le retard accumulé lors de son escale technique en Gaspésie et les conditions météo rencontrées pour la suite de la traversée de l'Atlantique lui ont très vite ôté tout espoir de terminer classé. N'empêche que Denis Douillez et les siens n'ont jamais baissé les bras et ont toujours mis un point d'honneur à venir à bout de leur traversée de l'Atlantique par la face Nord. Ce dimanche 10 août, le jour de la remise des prix de la 7ème Québec-Saint Malo, Saint Malo Team était attendu trois jours plus tard au pied des remparts de la cité corsaire...








